En tant que psychologue, je suis frappé par la manière dont la santé mentale est parfois utilisée comme une vitrine, plutôt que comme une réalité à prendre au sérieux.
L’article de Sélim Derkaoui dans Frustration Magazine évoque la question du healthwashing. Sous couvert de promouvoir la santé, certaines institutions ou entreprises multiplient les ateliers de méditation, les défis « 10 000 pas », les conseils nutrition… tout en évitant soigneusement de parler de ce qui abîme vraiment les individus : surcharge, précarité, pression constante, perte de sens.
Or, le mal-être n’est pas un défaut d’hygiène de vie. Il est temps d’arrêter de responsabiliser — voire culpabiliser — les personnes pour leur souffrance. La psychologie ne peut pas servir à adapter les individus à des environnements pathogènes. Elle doit aussi interroger ce qui, dans notre organisation collective, produit de la détresse.